L'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) est responsable de la majorité des fouilles en France et en outre mer, couvrant toutes les périodes de la Préhistoire à l'époque moderne. L'Inrap compte 1 500 archéologues répartis sur toute la France, ainsi que des centaines d'agents, de partenaires gouvernementaux et scientifiques, de prestataires. Une de ses missions est de valoriser et publier les résultats de ses travaux de fouille au bénéfice de la communauté de recherche et du grand public.
Le projet
Fig.1 — Détail de la carte du site intranet existant
Quand K+A a commencé à travailler avec L'Inrap, en 2006, un important site internet ( www.inrap.fr) avait été développé pour informer le grand public des activités de l'institution. D'autre part, un site intranet avait été lancé avec peu de moyen et n'avait pas encore gagné l'acceptation des utilisateurs. Nos travaux ont porté sur plusieurs aspects de l'architecture de l'information : organisation des informations des sites, intégration de contenus existants ou à venir dans un portail scientifique, dénomination des intitulés, définition d'un calendrier de réalisation.
Tandis que le projet avançait, d'autres besoins sont apparus. La direction scientifique de l'Inrap voulait créer un portail scientifique pour répondre aux besoins de la communauté scientifique. Ce portail devait-il devenir un nouveau site, ou pouvait-il créer une synergie avec un site Internet/intranet existant ?
Notre approche
Nous avons abordé l'intranet en faisant l'inventaire des contenus du site ainsi que du système de navigation. Nous avons poursuivi l'analyse en travaillant avec les membres de l'équipe pour comprendre les objectifs de communication interne et externe, les besoins de la communauté scientifique de l'Inrap, et les priorités technologiques. Nous avons élaboré des solutions répondant aux priorités de toutes les parties.
La solution
K+A a d'abord illustré l'architecture de l'information de l'intranet, en produisant des cartes isométriques du site (FIGURE 1). Nous avons classé les contenus en différents domaines (organisation générale, contenus scientifiques, ressources humaines, etc.), et utilisé des codes couleur pour visualiser la distribution des contenus dans la structure du site.
Le diagramme illustrait comment l'information portant sur un même sujet se trouvait dispersé dans plusieurs parties du site, ce qui la rendait difficile à trouver. Nous avons réorganisé les contenus suivant les domaines, et livré une carte utilisant le même langage visuel pour présenter la nouvelle structure.
Fig.2 — Gabarit de la page d'accueil
La transformation du site comprenait de nouveaux noms de section et un nouveau système de navigation. Les spécifications à l'échelle de la page ont été livrées sous la forme de gabarits de page (FIGURE 2). Les gabarits de page ont été utilisés par LM Communiquer, l'agence graphique responsable de l'identité visuelle, pour élaborer le nouveau graphisme du site intranet.
Alors que cette réorganisation initiale de l'intranet avançait, il nous a été demandé de travailler avec la direction scientifique pour spécifier le nouveau portail scientifique, ciblant aussi bien les archéologues de l'Inrap ainsi que la plus vaste communauté de la recherche archéologique. L'information prévue pour ce projet se trouvait déjà dispersée entre le site internet existant, le site intranet en place et un certain nombre de projets utilisant les nouvelles technologies déjà en développement ou en cours de planification.
Fig.3 — Détail du diagramme synoptique
Pour la phase suivante du projet, nous avons construit des scénarios utilisateur pour illustrer comment l'information est présentée aujourd'hui et comment elle est connectée au sein des sites intranet et internet. Ici, nous avons pu réutiliser la carte isométrique créée précédemment, en ajoutant une couche d'information liée aux scénarios. Ceci illustre comment l'information concernant un sujet précis, comme les fouilles dans la ville de Nîmes (FIGURE 3),se trouvaient dans différentes rubriques des sites internet et intranet, pour la plupart sans liens de navigation entre eux. Ainsi, un utilisateur tombant sur une information particulière, ratait le plus souvent les communications et les informations scientifiques en relation pourtant présentes sur le site.
Fig.4 — Détail d'un scénario
Les recommandations qui ont suivi cette analyse ont conduit à développer le portail scientifique, non pas sous la forme d'un site isolé mais comme une vue de spécialistes du site internet réorganisé. Le site a été organisé autour de trois sections : S'informer, Découvrir, Rechercher, Participer. Pour illustrer cette évolution, nous avons élaboré un ensemble de gabarits de page présentant la position des informations sur la page sans référence au graphisme. La FIGURE 4 représente l'information visible par le grand public sur la page d'accueil.
Fig.5 — Détail du gabarit de la page d'accueil du portail scientifique
La FIGURE 5 présente une information plus scientifique affichée sur la page une fois que l'archéologue s'est connecté au site avec son mot de passe.
Fig.6 — Détail du diagramme synoptique
Une fois ces recommandations évaluées et validées, la difficulté suivante a été de définir un calendrier de développement pour les nombreuses modifications prévues par rapport au système existant, ainsi que les différentes bases de données et applications à ajouter. Après des entretiens avec les représentants des trois directions, nous avons développé un diagramme synoptique et un calendrier (FIGURE 6) pour présenter nos conclusions. L'axe horizontal du diagramme représente les quatre sections du site internet, précisant les partie du site qui sont touchées. L'axe vertical représente la profondeur du projet, depuis les parties visibles du site internet jusqu'aux système d'administration, les bases de données, les contributeurs et les sources des informations. Les couleurs sont utilisées pour distinguer les développements terminés, en cours ou pas encore commencés. Nous avons distingué onze phases différentes du projet, qui ont été organisées sous la forme d'une chronologie.
Le résultat
L'Inrap dispose maintenant d'un plan et d'un calendrier clair de développement pour étendre sa présence sur Internet afin de servir le grand public ainsi que la communauté archéologique au sens large. Les sites vont continuer à évoluer avec les nouvelles applications qui verront le jour.